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L'Exode républicain


Le journaliste belge Jacques Mornard observe la scène à la frontière française, aux débuts de l’année 1939. Depuis le promontoire où se trouvaient les journalistes reporteurs, il vérifia qu’aucune des personnes qui, déjà en territoire français, étaient conduites comme des troupeaux par des soldats sénégalais, chargés de surveiller et de contrôler les réfugiés, ne pourrait le reconnaitre. La scène résulta plus pathétique de ce que son imagination lui aurait permis de concevoir. Une marée humaine, recouverte de couvertures en lambeaux, voyageant sur quelques rares voitures ou entassée sur des charrettes délabrées, tirées par des chevaux affamés, ou tout simplement à pied, trainant des valises ou des paquets où étaient accumulés tous les biens de leur vie, acceptait en silence les ordres qui, criés en français et ponctués de gestes agressifs et de matraques menaçantes, lui étaient incompréhensibles. C’étaient des personnes lancées dans un exode de proportions bibliques, poussées uniquement par la volonté de survivre, des êtres qui supportaient une liste de frustrations et de droits perdus démesurée où dans certains regards même la dignité s’était envolée. Jacques savait qu’un grand nombre de ces hommes et de ces femmes étaient ceux qui avaient chanté et dansé les victoires républicaines, ceux là mêmes qui avaient rêvé de victoire, révolution, démocratie et justice et qui avaient pratiqué en de nombreuses occasions la violence révolutionnaire de façon impitoyable. Maintenant la défaite les rabaissait à la condition de parias sans un rêve auquel se raccrocher. Beaucoup portait l’uniforme de l’Armée Républicaine et leurs armes déjà remises, ils obéissaient en silence aux ordres des sénégalais (Reculez ! Reculez ! Insistaient les africains), sans se préoccuper de maintenir un minimum de décence dans le désastre. […]Confisquer toutes les armes et conduire les réfugiés, grands et petits, dans des camps entourés de barbelés où ils demeureraient jusqu’à ce l’on décide du sort de chacun d’entre eux, était l’unique ordre que les français avaient.



Leonardo Padura (escritor cubano) El hombre que amaba a los perros, 2009

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